Coopération et archivistique

En 1988, Séoul accueillait les jeux olympiques. En 2016, cette même ville réunit non pas les meilleurs sportifs de toutes les nations mais des archivistes du monde entier.

Porte de la Paix (stade olympique) ©Margot Georges (CC BY-NC-SA)

Porte de la Paix (stade olympique)
©Margot Georges (CC BY-NC-SA)

L’objectif du congrès de l’ICA  diffère de celui des JO : « ici on ne joue pas les uns contre les autres mais on coopère au service du monde » (John Hocking). Charles Farrugia, des Archives nationales de Malte, souligne d’ailleurs que les archivistes ont évolué en terme de coopération. Il note, en citant Jerry Cook, que l’archiviste est passé du statut de « passive curator » à celui de « community facilitator » en passant par « active appraiser » et « societal mediator ». Trois éléments ont appuyé ces modifications : des évolutions philosophiques (avec Derrida par exemple), des nouveaux outils techniques (internet principalement) et l’amélioration de la communication (avec la mise au point de normes et langages communs).

Lorsque Google coopère avec les institutions culturelles

L’institut culturel de Google situé à Paris et à Londres, emploie 30 ingénieurs chargés d’allier technologie et patrimoine. Plusieurs types de projets sont menés :

– la numérisation : Google utile ses technologies pour numériser des œuvres en très haute définition, comme le plafond de Marc Chagall de l’opéra Garnier, ou proposer des visites virtuelles (par exemple  le Théâtre national de Corée).
– le management de l’information : avec des filtres de recherche dans les images et  les visites virtuelles (par auteur, par ville, voire même par couleur dominante)
– La publication stratégique en ligne de l’information
– les résidences d’artistes, alliant technique et création artistique, comme la peinture 3D
– Le machine Learning : les numérisations et mises en ligne du patrimoine ont débouché sur la construction d’une gigantesque base de données.
– la réalité virtuelle, qui a donné lieu à la conception de lunettes de réalité virtuelle en carton et en open source.

Améliorer l’accès et développer de nouvelles collaborations en Australie

Donner accès à l’information, c’est aussi l’ambition des Archives nationales d’Australie. Le titre du poster de Caroline Webberr (Archives nationales d’Australie) avait de quoi nous interpeler : Discovering yourself : creating new ways to bring people out of the archives (La découverte de soi : à la recherche de nouveaux moyens permettant à chacun de mieux se connaître grâce aux archives). Ce projet d’envergure consistait à mettre en place un portail commun d’interrogation des différentes bases de données de description d’archives. L’objectif est de s’adapter au lecteur et non l’inverse, en proposant un mode de recherche simple et pertinent.  L’utilisateur peut ainsi faire des recherches à partir d’un nom de famille, puis filtrer selon la date, le type de sources, etc. L’outil intègre la gestion des fautes d’orthographe ou les évolutions des noms de famille à travers le temps.  Un portail similaire devrait être mis en service d’ici la fin 2017 en France : France Archives.

En Australie toujours, un projet de collaboration entre les Archives nationales et les Îles Fidji a vu le jour. L’objectif était de proposer un accompagnement à l’archivage aux îles Fidji, pour des raisons philosophiques (droit humain, réduction de la pauvreté et des inégalités), politiques et administratives (projet soutenu dans le cadre de l’official development (ODA)).

Plusieurs activités ont été mises en place :

  • Soutien au déploiement de solutions d’archivage dans les Iles Fidji
  • Soutien en termes de moyens humains
  • Formation du personnel sur place
  • Mise à disposition de matériel (notamment pour la numérisation)
  • Accueil d’étudiants dans des cours d’archivistique au sein des universités australiennes
  • Organisation d’évènements dans les zones rurales.

Margot Georges et Magalie Moysan

 

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