Les archivistes disposent depuis 1996 d’un code de déontologie adopté par l’Assemblée Générale du Conseil International des Archives (CIA) réunie à Pékin. Ce code trace les grandes lignes des principes fondamentaux de l’archivistique mais ne permet pas de répondre à des interrogations précises sur l’exercice de la profession.
Les zones d’ombre laissées par ce texte entraînent parfois l’émergence de conflits ou de dilemmes pour l’archiviste, tiraillé dans l’exercice de sa fonction.
Cette journée d’étude se propose de faire se rencontrer des archivistes et d’autres professionnels afin d’échanger leur expérience et leur savoir-faire. Elle comprendra quatre séances détaillées ci-dessous.
Séance 1 : Les outils réglementaires
L’éthique personnelle de l’archiviste peut se révéler insuffisante, voire arbitraire lorsqu’il s’agit de se positionner et de trancher des questions importantes et parfois polémiques concernant plus particulièrement l’accès et la communication des documents. L’archiviste est ainsi partagé entre des forces antagonistes ayant chacune des intérêts propres : le service versant, les lecteurs et les personnes citées dans les archives.
Comment savoir quel intérêt privilégier au détriment des autres ? Quels sont les outils législatifs mis à la disposition de l’archiviste pour l’orienter dans sa conduite ?
Les textes officiels en vigeur définissent les devoirs de l’archiviste tout en lui garantissant des droits. Il convient toutefois de s’interroger sur leur exhaustivité, leur interprétation sans oublier la compatibilité entre chacun d’eux.
Nous souhaitons donc débuter cette journée en dressant un tableau de la réglementation et des principes qui régissent les choix de l’archiviste lorsqu’il est confronté à des problèmes d’ordre déontologique.
Séance 2 : Points de vue d’autres professions
L’archiviste n’est pas le seul à rencontrer des problèmes déontologiques quant à la communication d’informations.
D’autres professions sont également confrontées à l’accès à des informations sensibles. Elles les utilisent,, les conservent et se posent évidemment des questions quant à leur communication ou publication.
L’historien a un accès privilégié aux sources (archives, témoignages oraux, iconographie). Comment concilie-t-il ces informations sensibles ou confidentielles et l’écriture de l’histoire ? Comment trier l’information ?
Le journaliste doit rapporter de l’information, mais doit-il tout dire ? Comment ménager ses sources et la publication des informations ? Comment se positionne-t-il entre les règles de sa profession et ses devoirs de citoyen ?
Séance 3 : Cas pratiques
La séance « cas pratiques » a pour vocation d’illustrer et d’enrichir la réflexion des deux premiers groupes.
Ainsi, des archivistes viendront témoigner d’un cas concret de dilemme rencontré dans l’exercice quotidien de leur profession. Puisque ces cas de conscience concernent la communication des documents, il s’agira d’abord pour les intervenants de préciser la nature des archives qui étaient en jeu.
L’archiviste semble tiraillé entre une réglementation, une « obligation de réserve » imposées par le service versant, et une vocation de diffusion et de mise en valeur du patrimoine écrit envers les utilisateurs. Dans ce cas précis, il conviendra donc de discerner les forces antagonistes en présence.
Enfin, les auteurs des interventions expliqueront de quelle façon ils ont résolu ce dilemme, de quels moyens ils ont disposé et quels éléments leur ont permis de prendre une décision.
Séance 4 : Table ronde
Ces témoignages concrets et les éléments développés tout au long de cette journée viendront nourrir le débat.