Réponse du Collectif A7 à l’article du Nouvel Obs

Cher Nouvel Obs’, Mille mercis pour vos présentations de quelques-uns des Master formant à notre si joli métier (Cf.article 1article 2) , dans lesquelles vous présentez des chiffres laissant entendre que l’insertion professionnelle des jeunes diplômés archivistes est aisée. Nous souhaiterions nuancer votre optimisme pour ne pas tromper les étudiants au moment de leur choix d’orientation professionnelle. Nous sommes un bureau emploi commun à 7 associations de diplômés en archives (le passage à 7 est en cours), regroupant près de 505 adhérents, en très grande majorité des jeunes diplômés en début de carrière. Nous avons collecté et diffusé, en 2006, 633 offres d’emploi dans le domaine des archives. En 2005, nous avons réalisé une enquête sur l’insertion professionnelle de nos adhérents. Nous tenons au fur et à mesure de notre collecte des statistiques sur la nature des offres que nous diffusons. En cela, nous estimons avoir une compétence sur le marché de l’emploi des premières années de la carrière d’un archiviste, et souhaitons les partager avec vous. Ce que les chiffres que vous donnez ne disent pas Depuis 2005 (année citée),huit nouvelles formations de master en archives se sont ajoutés aux cinq déjà existantes, soit une augmentation de plus de 50% du nombre de diplômés en archivistique sortant de la fac chaque année. Dans ces conditions, les tendances que nous décrivons ici devraient se confirmer, sinon s’accentuer. Les statistiques sur les offres d’emploi que nous traitons le laissaient supposer (47,6 % des offres sont des contrats de moins de 6 mois en 2007), notre enquête de 2005 l’a confirmé : c’est la précarité que les étudiants rencontrent à la sortie de la formation : après 3 ans de travail, le nombre de personne ayant un emploi stable (CDI, fonctionnaire) ne dépasse guère les 30 % des diplômés. Enfin, rares sont ceux qui trouvent à s’employer à un niveau d’emploi et de salaire que laisse espérer leur haute qualification. Toujours d’après notre enquête, 67% des diplômés gagnent moins de 1600 euros nets mensuels après 3 ans de carrière. Et ce pour des emplois où les diplômés se trouvent surqualifiés : seuls 37% des diplômés occupent, toujours après trois ans de carrières, des postes d’encadrement. Nous souhaiterions que vous teniez compte de ces nuances dans la présentation que vous faites des débouchés des formations. Si les archivistes trouvent à s’employer dans le secteur de la gestion des documents, de l’information ou du patrimoine, c’est bien souvent au prix d’une précarité grandissante, sous-employés et sous-payés eu égard à leur qualification. Cette tendance devrait s’accentuer au cours des années à venir avec l’arrivée des étudiants des nouvelles formations. Masquer ces difficultés et les évolutions du métier dans les années à venir risquerait de mener les étudiants à de grandes désillusions à la sortie de leur formation, dans une profession qui par ailleurs apporte bien souvent de grandes satisfactions personnelles. LE COLLECTIF A7

Nouvelle enquête du Collectif

L’AEDAA est heureuse de diffuser la nouvelle enquête du Collectif sur l’insertion professionnelle et le métier d’archiviste. Vous pouvez répondre à ce questionnaire en ligne à l’adresse suivante : Enquête N’hésitez pas à relayer cette information, l’enquête est en effet destinée à toute personne exerçant le métier d’archiviste. Les résultats de l’enquête seront présentés au cours d’une journée d’étude en 2010.

Propositions pour une refonte des statuts des archivistes de la fonction publique

Collectif A5

ADAL – ADEDA 78 – ADELITAD – AEDAA – AICI

 

La réforme de la fonction publique est à l’ordre du jour : après la publication de plusieurs rapports, le gouvernement devrait prochainement présenter un projet de loi d’orientation. Celui -ci fixera les
nouveaux modes de gestion des agents de l’Etat, des collectivités territoriales et des hôpitaux. Il devrait logiquement être suivi par une refonte des statuts particuliers des fonctionnaires.

Pour les professionnels des  sciences de l’information et de la conservation, en particulier les archivistes, l’enjeu est essentiel. Nos métiers comptent une large majorité d’agents publics (75 % des diplômés de l’université d’Angers, par exemple), dont le statut et  la reconnaissance  doivent être préservés et renforcés.
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